estudos:taminiaux:1995b-195-199-edipo-rei-ii
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| + | ====== ÉDIPO-REI ====== | ||
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| + | Que Heidegger comenta da seguinte forma: a aparência (das Scheinen) como um " | ||
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| + | Ce que Heidegger commente comme suit : l’apparence (das Scheinen) en tant que « déviation de l’être (Abart des Seins) est la même chose que la chute (das Verfallen). C’est une déviation de l’être au sens où être, c’est se tenir franchement debout en soi-même » (82 ; 120). Autrement dit, la strophe lance au Dasein un appel à se dompter et à s’ajuster d’une manière telle qu’il échappe à cette apparence effondrée à laquelle il est spontanément enclin, et dans laquelle il existe d’abord, qu’il s’arrache à la chéance en quoi ce mouvement consiste et qui le fait dévier de son être authentique. En d’autres termes encore, la question lancée par le chœur serait une invitation à s’arracher à ce que peut avoir d’inauthentique la doxa — c’est elle que Heidegger traduit par « apparence » (Schein) | ||
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| + | Mais si cette lecture heideggerienne du chœur sophocléen est parfaitement conforme à l’ontologie fondamentale, | ||
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| + | je compte vos vies pour égales à rien. »</ | ||
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| + | Et les derniers : | ||
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| + | celle de ton daimon, ô infortuné Œdipe, | ||
| + | je ne prononce heureux aucun des mortels. »</ | ||
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| + | [197] Si l’on tient compte de toute la strophe, on s’aperçoit que les vers que cite Heidegger font tout autre chose, chez Sophocle, que célébrer le combat contre l’apparence au sein de l’apparence, | ||
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| + | Les quatre vers que cite et traduit Heidegger s’inscrivent dans une strophe qui, loin de célébrer un domptage, déplore une fragilité. Le mot grec que Heidegger traduit par « Dasein dompté et ajusté » (gebändigt-gefügtes Dasein) est : eudaimonia. On admettra avec lui que les quatre vers concernent le rapport de l’eudaimonia à l’apparence. En traduisant comme il traduit, Heidegger fait dire aux quatre vers de Sophocle que ce rapport a deux possibilités. Il peut consister à se tenir dans l’apparence d’une manière telle qu’on y persévère à « se-tenir-franchement-debout-en soi-même », mais il peut consister aussi à se tenir dans l’apparence d’une manière telle que l’on décline de cette tenue franche en soi-même. Autrement dit, il est possible de se tenir dans l’apparence en étant authentiquement soi-même, mais il est possible de s’y tenir d’une manière telle que l’on décline de cette authenticité. Dans le premier cas, l’apparaître est à la mesure de l’être. Dans le deuxième, il est en déclivité par rapport à celui-ci. Là la doxa est rayonnement de l’être, ici elle est pure et simple apparence. C’est donc bien d’un seul tenant que Heidegger lit le quatrain de Sophocle et le fragment d’Héraclite dont il fait état dans cette enquête sur « Être et apparence », et qui serait censé opposer la poursuite de la doxa authentique par les nobles et le rassasiement des polloi par la simple apparence. En disant que cette lecture du quatrain de Sophocle est conforme aux perspectives de l’ontologie fondamentale, | ||
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| + | [198] Mais, si cette lecture heideggerienne du quatrain de Sophocle peut s’autoriser de l’ontologie fondamentale, | ||
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| + | Le quatrain dit donc plutôt : « Lequel donc, quel homme, peut porter davantage d’identité, | ||
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