estudos:ricoeur:mundo-do-texto
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| + | ====== Mundo do Texto (1977) ====== | ||
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| + | ==== Interpretação e Ideologias ==== | ||
| + | === Du texte à l’action. Essais d’herméneutique II. === | ||
| + | //O traço que colocamos sob este título vai levar-nos ao mesmo tempo a ultrapassar as posições da hermenêutica romântica, que ainda são as de Dilthey, mas também às antípodas do estruturalismo, | ||
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| + | Japiassu | ||
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| + | Estamos lembrados de que a hermenêutica romântica enfatizava a expressão da genialidade. Igualar-se a essa genialidade, | ||
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| + | A resposta a essa questão afasta-nos tanto do estruturalismo quanto do romantismo. A tarefa hermenêutica fundamental escapa à alternativa da genialidade ou da estrutura. Vinculo-a à noção do "mundo do texto" | ||
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| + | Essa noção prolonga o que acima chamamos de a referência ou denotação do discurso: em toda proposição podemos distinguir, com Frege, seu sentido e sua referência[^G. Frege, Écrits logiques et philosophiques, | ||
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| + | A questão nova que se coloca é a seguinte: o que ocorre com a referência quando o discurso se torna texto? É aqui que a escrita, mas, sobretudo, a estrutura da obra, alteram a referência, | ||
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| + | No entanto, não há discurso de tal forma fictício que não vá ao encontro da realidade, embora em outro nível, mais fundamental que aquele que atinge o discurso descritivo, constatativo, | ||
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| + | É essa dimensão referencial absolutamente original da obra de ficção e de poesia que, a meu ver, coloca o problema hermenêutico mais fundamental. Se não podemos definir a hermenêutica pela procura de um outro e de suas intenções psicológicas que se dissimulam por detrás do texto; e se não pretendemos reduzir a interpretação à desmontagem das estruturas, o que permanece para ser interpretado? | ||
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| + | Vamos ao encontro, aqui, de uma sugestão de Heidegger dizendo respeito à noção de Verstehen. Estamos lembrados de que, em Sein und Zeit, a teoria da " | ||
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| + | O mundo do texto de que falamos não é, pois, o da linguagem quotidiana. Neste sentido, ele constitui uma nova espécie de distanciamento que se poderia dizer entre o real e si mesmo. Trata-se do distanciamento que a ficção introduz em nossa apreensão do real. Como vimos, um relato, um conto ou um poema não existem sem referente. Mas esse referente estabelece uma ruptura com o da linguagem quotidiana. Pela ficção, pela poesia, abrem-se novas possibilidades de ser-no-mundo na realidade quotidiana. Ficção e poesia visam ao ser, mas não mais sob o modo do ser-dado, mas sob a maneira do poder-ser. Sendo assim, a realidade quotidiana se metamorfoseia em favor daquilo que poderíamos chamar de variações imaginativas que a literatura opera sobre o real. | ||
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| + | Conforme já mostrei em outra obra, tomando o exemplo da linguagem metafórica[^P. Ricoeur, "La métaphore et le problème central de l’herméneutique", | ||
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| + | É este o terceiro tipo de distanciamento que a experiência hermenêutica deve incorporar. | ||
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| + | Original | ||
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| + | Le trait que nous avons placé sous le titre de « monde du texte » va nous conduire plus loin encore des positions de l’herméneutique romantique, qui sont encore celles de Dilthey, mais aussi aux antipodes du structuralisme, | ||
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| + | On se rappelle que l’herméneutique romantique mettait l’accent sur l’expression de la génialité ; s’égaler à cette génialité, | ||
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| + | La réponse à cette question nous éloigne autant du structuralisme que du romantisme ; la tâche herméneutique principale échappe à l’alternative de la génialité ou de la structure ; je la relie à la notion de « monde du texte ». | ||
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| + | Cette notion prolonge ce que nous avons appelé plus haut la référence ou dénotation du discours : en toute proposition on peut distinguer, avec Frege, son sens et sa référence [^G. Frege, Écrits logiques et philosophiques, | ||
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| + | La question nouvelle qui se pose est celle-ci : que devient la référence lorsque le discours devient texte ? C’est ici que l’écriture d’abord, mais surtout la structure de l’œuvre altèrent la référence au point de la rendre entièrement problématique. Dans le discours oral, le problème se résout finalement dans la fonction ostensive du discours ; autrement dit, la référence se résout dans le pouvoir de montrer une réalité commune aux interlocuteurs ; ou, si on ne peut montrer la chose dont on parle, du moins peut-on la situer par rapport à l’unique réseau spatio-temporel auquel appartiennent aussi les interlocuteurs ; c’est finalement le « ici » et le « maintenant », déterminés par la situation du discours, qui fournissent la référence ultime à tout discours ; avec l’écriture, | ||
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| + | Et pourtant, il n’est pas de discours tellement fictif qu’il ne rejoigne la réalité, mais à un autre niveau, plus fondamental que celui qu’atteint le discours descriptif, constatif, didactique, que nous appelons langage ordinaire. Ma thèse est ici que l’abolition d’une référence de premier rang, abolition opérée par la fiction et par la poésie, est la condition de possibilité pour que soit libérée une référence de second rang, qui atteint le monde non plus seulement au niveau des objets manipulables, | ||
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| + | C’est cette dimension référentielle absolument originale de l’œuvre de fiction et de poésie qui, à mon sens, pose le problème herméneutique le plus fondamental. Si nous ne pouvons plus définir l’herméneutique par la recherche d’un autrui et de ses intentions psychologiques qui se dissimulent derrière le texte, et si nous ne voulons pas réduire l’interprétation au démontage des structures, qu’est-ce qui reste à interpréter ? Je répondrai : interpréter, | ||
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| + | Nous rejoignons ici une suggestion de Heidegger concernant la notion de Verstehen. On se rappelle que, dans Sein und Zeit, la théorie de la « compréhension » n’est plus liée à la compréhension d’autrui, mais devient une structure de l’être-au-monde ; plus précisément, | ||
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| + | Le monde du texte dont nous parlons n’est donc pas celui du langage quotidien ; en ce sens, il constitue une nouvelle sorte de distanciation qu’on pourrait dire du réel avec lui-même. C’est la distanciation que la fiction introduit dans notre appréhension de la réalité. Nous l’avons dit, un récit, un conte, un poème ne sont pas sans référent. Mais ce référent est en rupture avec celui du langage quotidien ; par la fiction, par la poésie, de nouvelles possibilités d’être-au-monde sont ouvertes dans la réalité quotidienne ; fiction et poésie visent l’être, non plus sous la modalité de l’être-donné, | ||
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| + | J’ai montré ailleurs, sur l’exemple du langage métaphorique [^« La métaphore et le problème central de l’herméneutique », Revue philosophique de Louvain, 1972, n° 70, p. 93-112 ; voir aussi La Métaphore vive, Paris, Éd. du Seuil, 1975.], que la fiction est le chemin privilégié de la redescription de la réalité et que le langage poétique est celui qui, par excellence, opère ce qu’Aristote, | ||
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| + | Telle est la troisième sorte de distanciation que l’expérience herméneutique doit incorporer. | ||
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