estudos:decleve:realidade-do-mundo-e-ser-no-mundo
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| + | ====== realidade do mundo e ser-no-mundo (1970: | ||
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| + | A ontologia do Dasein, por seu lado, já não se detém na exterioridade de um conjunto de estados ou mesmo no " | ||
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| + | Assim, longe de constituir, como Kant supostamente diz, "um escândalo para a filosofia e para a razão humana em geral", | ||
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| + | La preuve irréfutable que la Critique ignore cette structure de l’être-au-monde, | ||
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| + | Telle est l’argumentation que développe le paragraphe 43 de Sein und Zeit. | ||
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| + | L’ontologie du Dasein, pour sa part, ne s’arrête plus ni à l’extériorité d’un ensemble d’étants ni même au «réel». Ces deux titres correspondent peut-être à des expériences ontiques. Mais dès qu’il s’agit d’expliciter la compréhension d’être de l’être-là, | ||
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| + | Loin donc de constituer, comme le dit censément Kant, «un scandale pour la philosophie et la raison humaine en général», | ||
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| + | Sein und Zeit dévoile d’abord ces présupposés en général, puis il repère leurs avatars dans trois passages de la Critique de la raison pure.((La note 1 B XXXIX de la seconde préface; la «Réfutation de l’idéalisme», | ||
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| + | Dans son ensemble, la tradition rationaliste admet que le réel se distingue par les caractères de l’en-soi et de l’indépendance. Il faut en conséquence que se pose le problème de l’accès et de l’accès adéquat à ce réel indépendant. De tous temps, la connaissance intuitive fut reconnue comme la seule voie de ce genre. Or cette connaissance est de manière ontique, en tant qu’état d’âme, dans la conscience. Dès lors le problème de l’accès au réel doit se confondre avec celui de l’existence d’un monde extérieur au sujet connaissant. | ||
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| + | Examinant ensuite comment cette argumentation est comprise dans le kantisme, Heidegger fait une remarque préliminaire concernant la terminologie: | ||
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| + | Notons à notre tour que cette déclaration a toutes les apparences d’un préjugé dogmatique. Mais ce soupçon assez grave ne doit pas pourtant nous empêcher de poursuivre la lecture de Sein und Zeit. | ||
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| + | La preuve de Kant se développe, nous dit-on, à partir d’un changement donné empiriquement en moi, c-à-d la multiplicité des représentations donnée au sens interne. Cette multiplicité est un changement subsistant : elle est en effet ma propre subsistance en tant que déterminée dans le changement du temps. Cette détermination temporelle présuppose à son tour quelque chose qui subsiste en permanence. Mais ce quelque chose ne peut être en nous «puisqu’en effet, dit Kant, notre existence dans le temps ne peut elle-même être déterminée qu’à partir de quelque permanent». [77] L’expérience de l’être-dans-le-temps des représentations implique donc du même coup du changeant en moi et du permanent en dehors de moi, celui-ci étant la condition de possibilité de la subsistance du changement [SZ: | ||
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| + | Simplifiée de la sorte, la «preuve» kantienne constitue évidemment une reprise des préjugés rationalistes. Avec quelques modifications toutefois. | ||
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| + | Ainsi elle «ne repose certes pas sur un raisonnement causal, elle n’est donc pas entâchée de l’irrecevabilité qui marque ce dernier». Il s’agirait plutôt d’une sorte de «preuve ontologique», | ||
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| + | Mais cette réfutation de l’idéalisme rend manifestes les défauts majeurs d’une philosophie qui installe l’ontologie dans la déchéance: | ||
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| + | Dans l’esprit de son argumentation, | ||
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| + | S’il avait réussi à comprendre ontologiquement ce que la totalité de la distinction et du lien de l’intérieur et de l’extérieur implique, Kant aurait vu s’effondrer la possibilité d’exiger une démonstration de l’existence d’un monde en dehors en moi. Il n’aurait pas laissé sous-déterminé le mode d’être de l’étant temporel qui exige et formule de pareilles démonstrations. | ||
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| + | Or le temps, qui sert ici de tremplin pour le saut vers une réalité extérieure, | ||
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| + | [78] D’ailleurs, | ||
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| + | Et ce phénomène échappe entièrement à la Critique. Kant en fournit le témoignage lorsqu’il envisage d’«accepter l’existence du monde extérieur par un simple acte de foi» [SZ:205], pour le cas où nulle démonstration ne serait possible. Il conçoit ainsi l’être-à-un-monde comme un rapport d’intention, | ||
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| + | //DECLÈVE, Henri. Heidegger et Kant. La Haye: Martinus Nijhoff, 1970// | ||
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