estudos:brague:brague-1988479-481-historicidade-da-vida
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| + | ===== HISTORICIDADE DA vida (1988: | ||
| + | Par là, le phénomène du bonheur permet de constater un trait fondamental de la vie humaine, le caractère historique de celle-ci. Je prends cet adjectif en son sens le plus banal, peut-être le plus profond : vivre, c’est être le sujet de sa propre histoire. Ce n’est pas seulement ressortir à la Biologie, c’est avoir une biographie . Être en vie, c’est mener une certaine vie, et pas simplement se trouver en vie. « Être » ne signifie pas, dans ce cas, « se trouver », à la façon dont une chose « se trouve là », mais implique un processus interne. La vie, parce qu’elle est une energeia, participe de la caractéristique de l’energeia rappelée plus haut : elle n’est pas un simple hyparchein, mais un gignesthai, pas un simple « se trouver là », mais un « advenir ». Ce devenir, ce processus, n’est pas tant la façon dont je conduis ma vie en choisissant (480) à chaque instant ce que sera mon avenir que, déjà, un advenir intérieur à mon présent. Je ne puis être en vie actuellement sans être l’aboutissement d’un passé que je possède comme le mien. Ce passé, parce que ma vie présente en est le résultat, n’est pas révolu. Il fait partie de ma vie présente. Je vis, et tout ensemble j’ai vécu. Mais en même temps, précisément parce que l’« avoir vécu » est intégré à mon présent, il participe des caractères de celui-ci. En particulier, | ||
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| + | L’historicité est ainsi un caractère essentiel de la vie. Il faut maintenant demander pourquoi il faut qu’il en soit ainsi, en demandant ce que c’est que la vie. Si nous interrogeons Aristote, nous ne trouvons qu’une réponse qui peut paraître fort naïve, formulée dès le stade (époque ou niveau stylistique) de la philosophie « populaire », pour laquelle « le fait de vivre se distingue de celui de ne pas vivre (481) par celui de percevoir (aisthanesthai) » (Protr., § 74 d, cf. § 80 d). Et, plus tard, au détour d’une réflexion sur la nécessité d’amis pour une vie heureuse, Aristote se donne la même définition : vivre, c’est, au sens propre, tel que le définit l’être en acte, « percevoir » (aisthanesthai) ou « penser » (noein). Nous reconnaissons les premiers exemples sur lesquels travaillait Aristote dans le texte de Met., Θ, 6. Nous avons de la sorte parcouru un cercle : partis de la perception, l’exemple médian du bonheur a acheminé à celui, terminal, de la vie. Celle-ci nous renvoie à son tour au point de départ. Mais nous n’y retournons pas sans avoir profité du parcours : nous sommes à même de saisir à présent la perception comme phénomène de la vie. C’est dans cette optique qu’il va falloir l’aborder. | ||
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