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| + | ===== A ESSÊNCIA DA verdade É A LIBERDADE (1978: | ||
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| + | A afirmação de Heidegger de que a liberdade é a essência da verdade não tem o sentido moderno e, se quisermos, existencialista que lhe queremos dar. Longe de (474) pensar a verdade a partir da liberdade, Heidegger não tardará a relacionar essa mesma liberdade com uma verdade mais originária que a da proposição: | ||
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| + | Ce qui mérite d’être considéré comme l’essence de la vérité, Vom Wesen der Wahrheit l’appelle liberté. D’où la sentence soulignée par Heidegger lui-même : « L’essence de la vérité est la liberté. » | ||
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| + | Cette formule, nous le savons déjà, est à l’origine de bien des contresens. Heidegger dit tranquillement tout le contraire de ce que nous sommes habitués à entendre. Est vrai, nous l’avons assez répété, ce qui est conforme à la chose même, à (473) l’être de l’étant, à l’étant tel qu’il est. Mouvement toujours à la fois régressif et transgressif de la proposition vraie. « Tel qu’il est » signifie, en effet, tel qu’il était déjà avant l’énoncé et tel qu’il pourrait être encore en dehors de l’énoncé. Toutes les philosophies du monde ne pourront rien y changer : le vœu le plus cher de la connaissance est un vœu d’innocence et de renoncement. Ne rien faire aux choses, ne pas les altérer, ne pas les abîmer, ne pas « y mettre du sien ». Non, rien de tout cela, mais un regard un peu plus attentif seulement pour les garder, et pour les garder saines et sauves. Passivité, si l’on veut, mais passivité voulue et souvent glorieuse. | ||
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| + | Et voici que la vérité semble chavirer dans l’arbitraire et dans les caprices d’une liberté purement humaine. A moins, bien sur, que Heidegger n’ajoute ici une évidence à une autre. L’évidence initiale faisait de la vérité la conformité d’une proposition avec la chose au sujet de laquelle elle s’énonçait; | ||
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| + | Mais non, il ne s’agit pas de cela. Notre première surprise était mieux fondée que cette évidente banalité. Il faut en prendre son parti, Heidegger bouscule toutes les évidences du sens commun. Heidegger étonne, Heidegger retourne à l’élémentaire. Et l’élémentaire ici, c’est l’essence même de la vérité (et bientôt aussi de l’errance ou de l’erreur). Parce que la vérité semble d’abord devoir nous échapper, les philosophes depuis longtemps s’interrogent sur les possibilités d’une conciliation entre la nécessité — voire même l’éternité — du vrai et la contingence ou le libre arbitre de la volonté. Querelle des anciens et des modernes. Les uns cherchent cette conciliation aux dépens de la liberté ou d’une forme réputée inférieure de la liberté, les autres aux dépens de la vérité et de son apparente naïveté. Les uns et les autres ne sont guère convaincants. Les premiers sacrifient la liberté, les seconds la vérité. Pour les uns, il n’y a dé « véritable » liberté que dans la reconnaissance de la vérité ou de la nécessité. Pour les autres, au contraire, la vérité n’est plus que le satellite de la subjectivité pensante seule constitutive d’une objectivité foncièrement subjective : révolution copernicienne, | ||
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| + | L’affirmation heideggérienne selon laquelle la liberté est l’essence de la vérité n’a pas la signification moderne, et si l’on veut, existentialiste qu’on veut lui donner. Bien loin de (474) penser la vérité à partir de la liberté, Heidegger rapportera bientôt cette liberté elle-même à une vérité plus originelle que celle de la proposition : la vérité ou l’éclairement de l’être, le laisser-être de l’être de l’étant. On devine déjà que la liberté comme laisser-être est plus respectueuse de l’être des choses que le pouvoir plastique d’un entendement constituant ou d’une volonté législatrice. Étrangère à toute idée de création, la théorie heideggérienne de la liberté ne l’est pas moins à toute idée de constitution. Mais d’autre part, il ne s’agit évidemment pas non plus de retourner vers les formes révolues du réalisme dogmatique ou encore de cette naïveté que Nietzsche qualifiait d’hyperbolique. La liberté telle que l’entend Heidegger échappe aux définitions traditionnelles de la liberté. Elle ne se définit ni en termes de contingence, | ||
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| + | L’étrangeté de cétte liberté nous permet de comprendre aussi la contestation nécessaire de certaines évidences non plus relatives, cette fois, à la vérité mais à l’erreur. Jusqu’à maintenant tout le monde, en effet, imputait à l’homme et à sa liberté la fausseté et l’hypocrisie, | ||
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| + | L’erreur passe pour être le contraire de la vérité. L’erreur est le fait de la liberté. N’est-ce pas là une preuve a contrario que l’essence de la vérité ne peut d’aucune façon dépendre de la liberté? Mais, si importante se révélera la correction heideggérienne du concept de la liberté, qu’elle nous conduira vers des conclusions toutes différentes. Bilan provisoire et encore équivoque de Vom Wesen der Wahrheit. Double nouveauté : Heidegger reconduit la vérité vers une liberté qui nous possède plus que nous ne la possédons, Heidegger nous décharge en revanche des formes primitives et essentielles de l’erreur, de l’errer ou de l’errance. Cette nouvelle théorie de la vérité est donc bien aussi la première grande théorie d’une erreur originelle et indélébile. | ||
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