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| + | ===== A técnica MODERNA (TECHNIK) (1978: | ||
| + | Qu’en est-il donc maintenant de la technique moderne? Elle est encore, à sa manière, un mode du dévoilement, | ||
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| + | C’est cette essence même de la technique moderne qui soudain sort de son sommeil, se lève, prend la science en main, et avec elle, notre vue du monde et notre vie dans le monde. « Cette révolution radicale, écrit Heidegger, s’accomplit dans la philosophie moderne. Il en résulte une position entièrement nouvelle de l’homme dans le monde et par rapport au monde. Le monde apparaît maintenant comme un objet sur lequel la pensée calculatrice dirige des attaques auxquelles plus rien ne doit pouvoir résister. La nature devient un unique réservoir géant, une source d’énergie pour la technique et l’industrie moderne. Ce rapport foncièrement technique au tout du monde est apparu pour la première fois au XVIIe siècle, à savoir en Europe et seulement en Europe. Longtemps il est demeuré inconnu des autres parties de la terre. Il fut totalement étranger aux époques antérieures et aux destinées des peuples d’alors. » | ||
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| + | La révolution radicale de la science s’accomplit, | ||
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| + | Retenons ici la première et la troisième thèse d’un écrit sans titre et jusqu’à présent non daté de Leibniz (Gerh. VII, 289-291) que Heidegger appelle « Les Vingt-quatre Thèses » (en améliorant d’après le manuscrit la 11e et la 23e). | ||
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| + | La première s’énonce ainsi : « Ratio est in Natura, cur aliquid potius existat quam nihil. Id consequens est magni illius principii, quod nihil fiat sine ratione, quemadmodum etiam cur hoc potius existat quam aliud rationem esse oportet. » | ||
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| + | La troisième manifeste clairement la dépendance de Dieu à l’égard de ce principe « peu employé communément » que Leibniz appelle non sans raison principium grande, principium magnum, principium nobilissimum. Elle s’énonce ainsi : « Hoc autem ens oportet necessarium esse, alioqui causa rursus extra ipsum quarenda esset cur ipsum existat potius quam non existat, contra Hypothesin. Est scilicet Ens illud ultima ratio Rerum, et uno vocabulo solet appellari DEUS. » | ||
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| + | Dieu n’est pas la cause ou la raison de toutes choses parce qu’il est Dieu. Dieu, tout au contraire, n’a coutume d’être appelé Dieu que parce qu’il est ultima ratio Rerum. Dieu est l’Être qui est à lui-même et pour lui-même la cause ou la raison de son être. La divinité de Dieu est ici fonction de la « nobilité » même du grand principe. | ||
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| + | La raison « devant être rendue » est la raison suffisante, c’est-à-dire une raison intégralement capable de rendre compte de l’être des choses et de leur être tel ou tel. Cette « reddition » enfin a la valeur d’un sibi reddere: la raison des choses doit être rendue à la raison, le compte qu’il faut rendre est un « se rendre compte ». | ||
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| + | Telle est l’essence calculante ou calculatrice d’une raison finie ou infinie plus éprise de la certitude ou de la justesse de ses opérations que de la rectitude de ses propositions ou de ses jugements. Ici commencent à se perdre non seulement le souvenir en fait depuis longtemps perdu de la vérité originairement comprise comme dévoilement, | ||
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| + | Seule l’essence technique de la science permet de comprendre ce phénomène, | ||
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